Si vous préférez m'écouter, plutôt que lire cet article ;-)
Ce We, et en fait, depuis quelques jours, je « me bats » avec du lierre..ou plutôt des lierres…Il y en a partout dans mon jardin et même si je trouve son vert profond très réconfortant en hiver quand tout est gris et terne, il n’en est pas moins envahissant..Donc, je « pestais » en arrachant, coupant, sciant même parfois cet arbre, non..cette plante..euh, au fait, j’essayais de me souvenir de mes rudiments de botanique et surtout de ses propriétés en herboristerie…et j’avoue, à part quelles utilisations (comme par exemple dans des produits contre la cellulite), ma mémoire me faisait quelque peu défaut ! Alors, je me suis promise de regarder d’un peu plus près, dès lundi matin, pour me rafraîchir cette mémoire et relire ce que cette liane (oui oui, c’est une liane) pouvait donc nous apporter de bon
Lierre grimpant (Hedera helix L.)
Commençons par la botanique
Le mot lierre est issu du latin « hadeare » : s’attacher et « Helix » : la spirale. C’est donc une des lianes européennes (comme chèvrefeuille, houblon, ..) qui grimpe et peut atteindre selon les supports 30 mètres de long.(voir plus selon les hauteurs qui parlent parfois de 50m voire 100 m de long ou plutôt de haut !!)
Le lierre présente 2 formes de feuilles : la feuille la plus connue est la feuille lobée qui présente « 3 à 5 pointes » et il y a aussi la feuille des rameaux ayant une forme ovale. (Ce sont ces rameaux qui porteront les fleurs et les fruits)
Le lierre va commencer par ramper au sol de manière à trouver un support pour s’agripper. Dès qu’il trouve ce support, il va chercher alors à grimper dans un mouvement vertical..et enfin, quand il aura trouvé sa place, il fabriquera des fleurs et des fruits.
J’ai été étonnée de lire que le lierre possède sur ses crampons qui lui permettent de s’agripper sur n’importe quel support, des petites vésicules qui secrètent de la glu, des substances collantes permettant de se fixer vraiment efficacement.
Autre étonnement, contrairement à ce que je croyais, le lierre n’est pas une plante parasite : il n’étouffe pas l’arbre qui lui sert de support et ne touche pas à l’écorce. Pour assurer sa croissance, il possède ses propres racines dans le sol.
Alors que la plupart des floraisons se passent au printemps, voire en été, le lierre lui fleurit à l’automne, ce qui permet de nourrir toute sorte de butineurs.
Par exemple, j’ai été surprise de lire que la Collette du Lierre, une abeille solitaire, a décalé son cycle de vie pour profiter de cette source de nourriture.
Après les fleurs, il y a les fruits. Ce sont des baies noires, très riches en lipides qui arrivent à maturité en février/mars. Celles-ci sont donc très intéressantes pour les oiseaux qui peinent à trouver leur nourriture à cette période.
Enfin grâce à son feuillage persistant, le lierre abrite de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes, chez moi, j’y retrouve des escargots qui viennent y nicher.
Bon , assez de botanique, on va passer aux propriétés en phyto…
même si j’ai passé pas mal de temps à lire des tas de trucs sur le lierre et la mythologie grecque et romaine..ou sur les utilisations , parfois très étranges, à l’antiquité ou au moyen-âge…
Ainsi, en médecine populaire, le lierre porte une double casquette :c’est d’une part « un guérit-tout », mais aussi d’autre part, une plante rattachée à la magie et sorcellerie. On s'en servait pour traiter les migraines, maux de tête. On lui a attribué également des propriétés fébrifuges, purgatives et vermifuges. Le lierre était également utilisé pour la toux et déjà pour la cellulite. Les druides l'utilisaient quant à eux pour confectionner des potions magiques. Ceci expliquerait-il le pouvoir extraordinaire de la potion de Panoramix ??.
Stop, stop, stop ! On est ici dans un article et/ou postcast.je ne sais plus très bien, puisque je lis et écris sur un sujet..je crois d’ailleurs que je vais renommer çà autrement, une combinaison entre podcast et article..quelque chose comme « podcart », ouais, çà sonne pas trop mal ! Ouaip, à partir de maintenant, sur le blog, vous trouverez l’intitulé « Podcart » et j’en revendique la maternité ! 😉
Bref, je vais réduire le temps d’écoute et de lecture 😉 en allant au sujet principal..Les propriétés du lierre en phyto !!
Donc..au niveau phyto, on reconnait au lierre beaucoup de propriétés..mais petit hic, il semblerait que celles-ci soient surtout reconnues grâce à l’usage commun. Ne vous inquiétez pas, il y a quand même quelques monographies et parutions sur ce cher lierre.
Composition
Les feuilles et baies de lierre sont composées
- d’hérédine, une saponine qui, comme son nom l’indique, mousse dans l’eau (on utilise d’ailleurs des feuilles de lierre dans de l’eau pour faire des lessives)
- de rutine, un glycoside flavonique, anti-oxydant
- de divers acides
- de pectine
- de tanins
- d’au moins une essence aromatique (mais je n’ai pas trouvé de mention d’une HE !!)
- de glucide (inositol)
- et encore d’autres substances comme du falcarinol et une autre qui serait phyto-oestrogénique
Cette composition lui confère des propriétés surtout broncho-pulmonaires (antispasmodique bronchique puissant, antitussif, expectorant & mucolytique, anti-inflammatoire bronchique). Ces propriétés anti-inflammatoires sont reconnues aussi comme plus générales, par exemple dans le cas de rhumatismes, lumbago…. Le lierre présenterait également des propriétés anti-infectieuses : antibactérien (notamment sur le S. aureus et E. Coli), antivirale (certaines souches de la grippe et entérovirus), antiparasitaire et anti fongique (Candida albicans).
Une propriété assez très bien exploitée, c’est qu’il est lipolytique en application locale, d’où son utilisation contre la cellulite !!
D’autres propriétés sont encore citées, comme emménagogue, anti-galactogène, fébrifuge, vasoconstricteur, cytotoxique…et vomitif !
Toxicité – Précautions
Oui car comme souvent avec les plantes, notre lierre est aussi toxique ! Un surdosage en prise interne peut provoquer des nausées, vomissements, diarrhées, de l’agitation…et en application externe, des réactions allergiques cutanées et parfois même des dyspnées (sensation de respiration difficile et inconfortable)
Les feuilles de lierre renferment aussi une petite quantité d’émétine, substance pouvant occasionner des contractions utérines en cas de grossesse. C’est pourquoi, l’usage du lierre est déconseillé aux femmes enceintes, allaitantes et jeunes enfants
Mais aussi aux personnes sensibles aux plantes de la famille des Araliacées (comme le ginseng, éleuthérocoque…) ah oui, je ne vous l’ai pas encore dit, mais il sont de la même famille ces 3 là !
Attention aussi de ne pas cumuler la prise de lierre et de produits antitussifs !
Il est également déconseillé en prise interne en cas d’ulcère ou brûlure d’estomac qu’il pourrait aggraver.
Galénique
Le lierre se retrouve la plupart du temps, sous forme de sirop, de teinture-mère, de tisanes..mais aussi de gélules de poudre et surtout de macérations huileuses.
Voilà..grâce à ces recherches, je ne regarderai plus mon, que dis-je, mes lierres de la même manière..je ne râlerai plus sur eux…c’est à moi qu’il incombe de leur mettre des limites et de les laisser prospérer dans un endroit qui me convienne, afin qu’ils agissent comme les essentiels pour la biodiversité, qu’ils sont indéniablement
Allez..A bientôt mes petits lierres 😉
Sources
- Grand manuel de la phytothérapie – Dr Eric Lorrain
- https://biodiversite-grandauch.fr
- https://www.vidal.fr/parapharmacie/phytotherapie-plantes
- Book of Dante, 2019
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